La mare : un espace naturel sensible

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Au coeur de la commune du Vieil-Evreux et du site archéologique de Gisacum, la mare, présente à proximité immédiate du jardin archéologique des thermes,  fait partie du paysage remarquable du site.

Depuis l’ouverture du jardin archéologique des thermes en 2002, le Département de l’Eure a confié la gestion et l’entretien des espaces naturels au Conservation d’Espaces Naturels – Normandie Seine.

Ce partenariat essentiel entre le Département de l’Eure, la Municipalité du Vieil-Evreux et le Conservatoire des Espaces Naturels Normandie Seine permet de connaître, protéger et valoriser le patrimoine naturel présent sur le site dont la mare fait partie.

Au début de l’année 2018, un nouveau pas à été franchi pour la sensibilisation du patrimoine naturel sensible grâce à  l’implantation d’un panneau informatif. Celui-ci vise à sensibiliser les promeneurs et les visiteurs du site.

 

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La Benettemare vue par les archéologues

Dirigez vous vers les thermes de Gisacum, à la hauteur de l’entrée du jardin archéologique, empruntez le chemin rural à votre gauche, vous remarquerez alors une petite mare présentant une apparence des plus anodines. Cependant il n’en a pas été toujours ainsi, et elle recèle quelques secrets. L’archéologie et l’étude des archives anciennes nous les révèlent …

La plus ancienne mention connue à ce jour remonte au 29 mai 1537, dans ce document conservé aux Archives Départementales de l’Eure, apparaît le nom d’un champ : « benest mare ».

Convenons-en, il s’agit d’un nom qui interpelle. Des témoignages nous en apprenne la signification. En 1846, le propriétaire d’alors, le marquis de Fayet, déplorant que ses terres agricoles situées autour de la mare soient constamment noyées en période hivernale, écrivit une lettre au préfet lui demandant l’autorisation de déverser le trop-plein dans les vestiges des thermes … Cette demande suscita l’interrogation et un complément d’information fut notamment demandé à l’archéologue de l’époque, Théodose Bonnin. Celui-ci refusant la « demande relative à l’écoulement des eaux dans les ruines du Vieil-Évreux », nous éclaire sur le statut un peu particulier de cette mare. Dans sa réponse au préfet nous apprenons donc que « seule pendant l’Eté, lorsque les autres mares sont  desséchées, elle fournit l’eau nécessaire a leur cuisine. » On comprend mieux dès lors le soin constant que les habitants du Vieil-Evreux ont pu apporter au curage de cette mare qui devait être considérée comme une « benoiste mare » (littéralement une bonne mare), autre appellation sous laquelle nous la rencontrons au hasard des textes d’archive.

Ajoutons à ceci un autre témoignage verbal prétendant que le fond de celle-ci était dallé et nous voyons aisément son origine étymologique.

Fort de ces traditions locales, l’archéologue d’aujourd’hui se penche sur le mystère entourant cette « beneste mare », et la dure réalité des faits vient infirmer la présence de dallage …

Cependant, d’autres indices sont susceptibles de nous orienter vers une probable origine antique. En 1913, Henri Lamiray, qui s’intéressait au site,  publia un petit guide de visite dans lequel il nous apprend qu’ « On [pouvait] descendre [dans la mare] par un grossier escalier de maçonnerie curieusement pratiqué dans un mur antique ». Détail intéressant que l’on peut encore vérifier de nos jours. Nous avons donc des murs entourant la mare et ceux-ci sont probablement antiques.

Les fouilles des thermes ont été l’occasion de mettre au jour de nombreux fossés drainants destinés à assainir les abords de l’édifice. Si l’un d’eux se dirige vers la mare, on ne peut toutefois pas à ce jour avoir la certitude qu’elle a servi d’exutoire dès l’Antiquité. Cette mare aurait alors constitué un bassin bordé par une rue gallo-romaine, reliant le sanctuaire du Vieil-Evreux à celui de Cracouville via les thermes. Cet axe préfigure l’actuel chemin rural dit de la Malotterie, qui borde toujours la Benettemare ou « bien nette mare ».

 

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